Les sels de déglaçage et la protection de l’environnement
Par Micheline Lévesque, M.SC agronome expert-conseil
Existe-t-il des choix plus écologiques et moins dommageables pour nos végétaux et pour l’environnement?
Sur le trottoir devant chez vous et l’accès à votre garage, je vous conseille de remplacer le sel de déglaçage par des produits moins dommageables, comme le sable ou le gravier fin. Si son emploi est absolument nécessaire, il sera préférable d’en limiter la quantité et la fréquence d’épandage et, surtout, de savoir parmi les différents types de produits vendus sur le marché, quels sont leurs impacts sur l’environnement.
Impacts sur l’environnement |
La plupart des produits vendus dans le commerce contiennent soit du chlorure de sodium (NaCl), du chlorure de calcium (CaCl) ou de potassium (KCl), ainsi que de l’urée. L’accumulation de ces sels dans le sol peut provoquer d’importants dommages qu’on ne perçoit pas immédiatement et qui, pourtant, affectent les racines, les bourgeons, le feuillage et les micro-organismes. Certains animaux, incluant les oiseaux, peuvent également être atteints par ces traitements. Il faut comprendre que presque la totalité des ions de chlorure issus des sels de déglaçage se retrouvent dans les cours d’eau, que ce soit par ruissellement de surface ou par lessivage vers la nappe phréatique. Les sels qui se retrouvent dans les cours d’eau peuvent endommager les plantes aquatiques, les poissons et tout organisme non adapté aux conditions salines.
Certains végétaux sont plus résistants que d’autres à la présence des sels dans leur environnement. Si vous habitez près d’une route très fréquentée et que l’épandage est fréquent, il est important de choisir des arbres et autres végétaux résistants aux sels. Assurez-vous de bien protéger les végétaux fragiles avec de la toile géotextile ou de jute. Notamment les haies de cèdres, les arbustes et même la pelouse (voir photo).
Choix de produit de déglaçage |
Le chlorure de sodium (sel de table) est utilisé depuis de millénaires non seulement comme condiment, mais aussi comme herbicide et comme produit de déglaçage. En fait, ses propriétés nocives pour la végétation étaient bien connues des guerriers qui détruisaient la végétation sur les territoires ennemis.
Il existe des solutions de rechange au chlorure de sodium et, bien que ces produits se vendent plus cher que celui-ci ou que le sable, ils seront moins nocifs pour l’environnement et les végétaux.
Voici quelques produits moins dommageables proposés sur le marché :
Le chlorure de calcium
- Efficace jusqu’à - 30°C
- Avantages: produit de la chaleur en fondant; moins dommageable pour la végétation
- Inconvénients: corrosif pour le métal; résidus dommageables pour les tapis, les tuiles, les souliers; absorbe l’humidité de l’air
Le chlorure de magnésium
- Efficace jusqu’à - 34°C
- Avantages: point de congélation très bas, ce qui augmente l’efficacité et la rapidité; sèche moins rapidement que le NaCl, donc meilleure adhésion et plus longue durée,; plus écologique
- Inconvénients: garde le pavé humide s’il absorbe trop d’humidité de l’air; corrosif pour le métal
Les mélanges fondants – chlorure de sodium, de calcium
et autres chlorures
- Efficace entre - 20°C et - 30°C, selon les différents produits
- Moins dommageables pour les surfaces que le sel gemme utilisé seul
L’acétate de potassium
- Efficace jusqu’à - 60°C
- Avantages: plus sécuritaire pour les structures de métal; donne de bons résultats; non corrosif, biodégradable
- Inconvénients: peut rendre la chaussée lisse et glissante; diminue le taux d’oxygène des cours d’eau; son coût est huit fois plus élevé que celui du sel
L’acétate de calcium magnésium
- Efficace jusqu’à - 4°C
- Avantages: n’affecte pas l’environnement s’il est utilisé en petites quantités; biodégradable
- Inconvénients: peut se diluer et glacer à nouveau; rendre la chaussée lisse et glissante; son coût est vingt fois plus élevé que celui du sel
Traduit et adapté de Mother Earth News nº 201, DÉC/JAN 2004
Attention au nouveau béton |
L’Association provinciale des constructeurs d’habitations du Québec (APCHQ) a récemment publié un avertissement pour recommander aux propriétaires d’éviter toute utilisation de sels de déglaçage sur des surfaces de béton de moins de deux ans.
Les fabricants de ces produits avertissent également les consommateurs, en précisant que les nouvelles surfaces de béton contiennent des chaux libres qui réagissent très mal aux chlorures contenus dans les sels de déglaçage. En présence de chlorure, la chaux devient active et affecte la stabilité du béton, ce qui a pour effet d’effriter ce dernier.
- Éviter ou réduire l’utilisation des sels de déglaçage en enlevant la neige à la pelle
- Épandre du sable grossier ou de la roche finement concassée
- N’utilisez le sel de déglaçage que pour faire fondre la glace et non la neige
- Réduire les surfaces d’épandage d’agent déglaçant
- Utiliser les produits fabriqués à partir de sels moins nocifs et moins dommageables pour l’environnement
- Préconiser l'utilisation de mélange déglaçant-gravier ou déglaçant-sable pour réduire la quantités totale de déglaçant/sel utilisé. Le déglaçant fait fondre la glace et le gravier (sable) agit comme antidérapant.
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